Je rêvais d’un autre monde…

On parle de cette fin du monde imminente… Que nenni. Nous sommes tous bel et bien vivants. 
Je vous invite en revanche à découvrir les mondes des autres. Chacun a un jardin secret, un monde à lui, une magie, un don, une façon de voir la vie… Et celle de Circa est juste à couper le souffle. Magnifique. Magique. Les artistes contorsionnent les lois de la nature en lançant un défi au corps et à la vie, au risque et à l’acrobatie en nous laçant un mélange de paillettes, d’humour et de sensibilité.

Vous vous en voudriez de ne pas y être allé… de ne pas vous avoir laissé rêver!

Les sapeurs du Congo Kinshasa

La Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes, C’est sous ce sigle que se reconnaissent les sapeurs qui arpentent les rues de Château Rouge à Paris. Tête haute, démarche soignée, la sape est avant tout une affaire d’allure. Les « ambianceurs » ou encore les « sapeurs » sont partout et ils ne se font pas discrets.

Dans la filiation directe du dandysme britannique de la fin du 18e siècle, la sapelogie est une doctrine de l’élégance, de la finesse et de l’originalité revisitée à l’africaine. Moins bling-bling que le récent « coupé-décalé » ivoirien, ce phénomène de mode est né après l’indépendance dans l’avenue Matsoua du quartier de Bakongo (dit « le couloir de la mode ») à Brazzaville au Congo. C’est dans se quartier que les jeunes viennent se montrer, et confronter leur capacité à marier les couleurs et l’élégance. Là-bas, ce sont les sapeurs qui foutent le feu !! (et voila, le jeu de mots que vous attendiez…).


Ce phénomène prend son essor après l’indépendance. Il s’agissait peut-être d’un phénomène de rejet du mot d’ordre du général zaïrois Mobutu qui, dans une recherche d’authenticité et d’identité africaine, prônait l’ « abacos », abréviation de « à bas les costumes ». Dès les années 70, certains ont repoussé les limites de l’extravagances et de la frivolité masculines: les congolais se sapaient! Paradis dans les rues de Kinshasa telles des publicités ambulantes pour les grandes griffes occidentales au risque de se saigner financièrement, était une façon pour les sapeurs de montrer leur rébellion contre la dictature de Mobutu qui imposait le col Mao à ses citoyens. On appelait ceci l’abacos. Moyen d’expression et d’exister pour des jeunes souvent au chômage, la Sape s’est développée dans les années 80 en République démocratique du Congo et au Congo Brazzaville voisin, avec des ambassadeurs de renom comme le chanteur Papa Wemba.


Que faut il porter pour devenir un sapeur? Chaussures Weston, cravate colorée, chemise éclatée, lunettes foncées, marques de qualités… la classe africaine ne va pas sans la sape! Veste en cuir, manteau, blouson, pantalon, parfois relevé à mi-mollet, bermuda, kilt, chaussures en cuir -version croco ou vernie-, dépareillées ou non, tennis, chapeau, casquette, lunettes de soleil, costume ample, cravate, noeud papillon, écharpe: tous les mélanges sont permis. Circonstance oblige, le noir et blanc dominent. Chaque « sapeur » fait quelques pas, s’arrête, claque des talons pour attirer l’attention sur ses chaussures, roule des épaules et montre avec ostentation ses vêtements, et surtout les étiquettes, répétant à haute voix le nom de la marque.
Il faut sans cesse se renseigner sur les dernières tendances, un faux pas fera de vous la risée des sapeurs. Différentes écoles de sapelogie s’affrontent mais ma préférée restera l’école des anglais, ils optent pour la pipe plutôt que le cigare et avec des lunettes rondes sur le nez ils prennent un air faussement pincé. Ça, ce sont des « playboy de qualité, aux couleurs éclatées! »